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La Belle, la Brume et le Perdu

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Je m'appelle Moetirf Kuzo et je suis un ninja.


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Gennin de Kiri



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MessageSujet: La Belle, la Brume et le Perdu   Mar 21 Juin - 0:51

~ Kiri / Étendues Brumeuses
~ FlashBack / A une époque imprécise
~ Rencontrons Kaze no Barbariccia o/



Un grand soleil régnait sur les grandes contrées composant l'île principale de l'archipel qu'était le pays de l'eau. Enfin, seuls les rares oiseaux qui osaient s'aventurer dans lesdites contrées auraient pu vous l'affirmer, étant donné qu'un épais brouillard avait élu domicile entre le ciel et la terre. Ces mêmes oiseaux vous apprendraient également que la présence de ce brouillard était des plus normales : cette force particulière de la nature s'installait plus que fréquemment dans ces régions vides d'hommes et pouvait y rester des journées entières sans interruptions. Cette brume mystérieuse avait d'ailleurs contribué à la nomination de ces terres, puisque désormais, volatiles et humains les désignaient sous l'appellation ''Étendues brumeuses''. On y trouvait, mis à part de la brume, quelques bosquets, une flore peu abondante et encore moins variée, ça et là des cailloux ou un rocher un peu plus gros que les autres. Rien de bien excitant, mais plutôt de mystérieux. Mais alors, pourquoi je parle de cet endroit en apparence si ennuyeux ? Tout simplement car dans ce même endroit désert erre depuis plusieurs heures maintenant un homme. Plus exactement, cet homme était un shinobi. Un shinobi bleu. Un shinobi haut de presque deux mètres. Un shinobi portant un sac.Oui, c'était bien notre shinobi de Kiri !
Mais alors, vous vous demandez ce que faisait Moetirf dans ce désert brumeux ! Eh bien, c'est simple et compliqué à la fois. Pour la partie simple, il était en mission. Et pour la partie compliquée ? Il était perdu évidemment. Et c'était précisément là que reposait tout le problème. Non pas qu'il n'en eût pas l'habitude – son sens de l'orientation était médiocre et il perdait le nord fréquemment, mais aujourd'hui il se sentait bien plus égaré que les précédentes fois. Il avançait plus rapidement qu'à l'accoutumée, avait le souffle court, épiait les quelques mètres qui étaient visibles devant lui, serrait le plus fort possible la lanière de son sac, se préparait à détaler au moindre bruit suspect. Depuis un bon quart d'heure, il était dans un état d'angoisse indescriptible. Ce brouillard n'était pas naturel, il en avait la certitude. Ces buissons n'étaient pas innocents, ça aussi il en était sûr. Chaque seconde passée dans ce lieu le rapprochait de son dernier souffle, et la seconde fatale pouvait se manifester à tout moment. Ses petits talents ninja ou la fuite ne lui seraient d'aucun secours si un danger se manifestait. Alors oui, comme le gueulait sa conscience qui le réprimandait d'être rentré dans ce cauchemar, il était bien dans la merde !
Pourtant, sa journée avait bien commencé. Lever, pluie. Petit-déjeuner, pluie. Mission acceptée, pluie. Début du voyage, pluie. Et à partir de là, tout s'était dégradé. Pour commencer, après quelques heures de voyage, il s'avéra que le chemin que Moetirf avait emprunté n'était pas le bon, puisqu'il n'était toujours pas arrivé. Il avait alors décidé de prendre un petit raccourcis en passant à travers des plaines. Énorme erreur ! Une fois qu'il fut bien engagé, la pluie s'éteignit progressivement et une épaisse brume s'installa allègrement sur les environs. Le genin devint alors son prisonnier avant de tomber dans l'était décrit plus haut. Il se souvenait à peine du but initial de son périple. Ce qu'il devait faire maintenant, c'était de trouver rapidement une solution pour s'échapper et pouvoir retourner dans sa petite cabane près de Kiri, où il pourrait chialer et se libérer … Malheureusement, puisqu'il ne devait compter que sur soi-même, il savait qu'il devrait sûrement attendre un petit bout de temps pour sortir de cet enfer. S'il ne mourrait pas avant …


En plus d'une crainte perpétuelle, Moetirf était sujet à une perte totale du plus important de ses cinq sens  : la vue ! Et tout cela n'était dû qu'à une seule chose : ce putain de rideau immatériel. En effet, ce dernier ne laissait visibles que quelques mètres devant lui, ce qui limitait grandement sa vision et empêchait tout repérage ou analyse de la situation. Cette cécité additionnée à la tension crée par le silence et l'humidité avait le don de rendre fou le pauvre Kuzo. Il avançait depuis de longues minutes à l'aveuglette, en marchant entre les obstacles qu'il rencontrait parfois. Il avait toujours aussi peur mais n'avait rien trouvé pour échapper à cette torture. Aucune fuite n'était envisageable, et quelques boules ne lui serviraient franchement à rien. Une faim lui tiraillait les entrailles, et ce n'était pas les petits graines que contenaient son sac qu'il festoierait ce soir. Assurément, il ne tiendrait pas plus de deux jours si personne ne venait le secourir.
Il ne voulait pas encore l'admettre, mais la situation continuait à empirer ainsi, c'était la mort qui l'attendait. Mais pas une belle mort. Une affreuse mort. Avec une peau qui se dessèche. Des muscles qui s'engourdissent. Une personnalité d’aliéné qui vous dévore petit à petit. Puis une envie soudaine de vous ouvrir le ventre afin de mettre fin aux supplices … Moetirf continuait d'avancer, mais sa volonté s'amoindrissait de plus en plus. Il était maintenant appuyé sur un arbre à l'écorce rugueuse. Deux kunaï y étaient plantés, signe qu'il s'était déjà arrêté deux fois sur cet arbre même. Sans aucun doute, il tournait en rond, mais revenait chaque fois plus fatigué à ce point. C'était alors le même scénario. Il replantait un kunaï, se reposait un peu, vérifiait que rien ne le suivait ou préparait une embuscade, puis repartait droit devant, en essayant de guetter le moindre son suspect ou qui pourrait le mener vers la sortie. Cette fois encore, il répéta les mêmes actions, mais s'immobilisa juste avant de s'engager pour un nouveau tour. Il venait de la voir.
Moetirf n'y croyait pas. Un mirage ? Une hallucination ? Un délire ? Quoi que ce fut, il était sûr d'une chose : la femme qu'il était en train de fixer était tout sauf réelle. La voir était même un très mauvais signe. La folie avait définitivement consumé son cerveau et jouait maintenant avec lui. Cependant, même assuré que la créature qui se tenait de dos devant lui à quelques mètres n'existait pas, il ne pouvait s'empêcher de la détailler. S'il devait quitter ce monde maintenant, au moins cela se ferait sur la sensation exquise que lui procurait la simple vue de cette blonde. Bien que cette dernière fût de dos, il pouvait très nettement observer ses courbes attirantes, sa chevelure claire, sa grande taille – elle était même plus grande que le pauvre genin qui la contemplait ! Un petit instant, le dernier des Kuzo oublia complètement sa situation désespérée pour remercier son esprit de lui avoir permis de voir cette beauté. Cet état d'admiration se rompit soudain, comme s'il était rattrapé par ses vieux démons. En fait, il n'en était rien : il avait décidé que, puisqu'il devait mourir dans d'horribles conditions, il avait au moins le droit de délirer encore un peu et de toucher la Splendeur qui était incarnée juste devant lui.
Le Kirijin s'avança donc en direction de la femme qui venait d'apparaître. D'abord lent, son allure s’accéléra en même temps que sa respiration. Une forme brutale et bestiale du désir s'en prenait à lui, et il n'avait aucune envie de la réprimer. Après tout, comme l'objet de son désir n'était qu'une de ses créations, il pouvait lui faire ce qu'il voulait et assouvir ses fantasmes les plus fous ! Qui le réprimanderait ? Sûrement pas cette fille étant donné qu'elle lui était totalement soumise. Il était maintenant à une longueur de bras de ce qu'il désirait plus que tout au monde. Oubliés étaient les craintes, la paranoïa, la faim, le désespoir, la mort. Il posa son sac en bandoulière par terre et avança une main tremblante vers les fesses de la belle blonde. Aujourd'hui, il allait se faire plaisir, ça il en était sûr !
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ANBU de Kiri



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MessageSujet: Re: La Belle, la Brume et le Perdu   Ven 24 Juin - 13:31

« Ô combien je pouvais te haïr, brume insipide qui se languit, s'étalant sur le pays comme une féline prédatrice. Tu nous regarde de tes yeux de velours, te délectant de l'angoisse de ta future proie que tu t'apprêtes à happer dans ta gueule béante. Cachée sous ton masque de porcelaine, tu fais la fière, mais tu ne fais que t'octroyer des crimes dont tu n'es nullement à l'origine. Traitresse, illusoire et éphémère adversaire. »





    Je détestais profondément la brume. Même s'il fallait admettre que sa douce fraicheur savait être délicieuse en un quelconque instant d'égarement, elle laissait sans arrêt des gouttes d'eau minuscules perler dans ma longue crinière blonde, et finissait par tremper ma soyeuse chevelure. J'étais tellement plus belle quand elle flottait librement au vent; bien que cela ne puisse remettre en cause ma splendeur quelque fusse la situation. En outre, cette brume présentait un défaut cruel: la vision des choses s'y réduisait. Difficile de voir clairement les alentours. Oh, moi, cela ne me gênait guère, les horizons de notre pays étaient tous aussi hideux que savaient l'être les autres êtres humains. En revanche, ces derniers étaient privés du spectacle divin de mon physique sans égal, et j'étais presque éprise de pitié à l'égard de ces misérables dont l'existence semblait si morne et pénible. Semblait? Que dis-je! Toutes ces existences doivent être si ennuyeuses, si hideuses! Comment peut-on vivre en étant laid? Ils acceptaient si bien leur condition lamentable que j'en étais sidérée à chaque fois que je songeais un peu à ce qu'il se passait ailleurs que sur mon passage. À y réfléchir, cela n'avait vraiment pas souvent lieu. J'eus un petit soupir désabusé; douce était la douleur dans laquelle ils étaient plongés, car la beauté n'était pas un cadeau sans contrepartie. Le terme «fardeau» aurait même été plus adapté, par ailleurs. Devaient-ils subir les caprices des envieux, les cris de haine des jalouses, et les regards soutenus sans jamais un instant avoir le droit de se montrer moins digne que la précédente seconde? Sans doute pas. Face à moi, l'eau s'étendait, noyée dans le sinistre brouillard qui planait sur le pays. La mer était sombre, bleue comme la nuit, et rien ne semblait vouloir s'y refléter, comme si la moindre image était happée par les voraces profondeurs aquatiques. Il détestait l'eau. Je ne savais même plus ce que je fichais ici. J'étais venue songer à lui, sans doute, comme je venais souvent le faire dans les coins les plus reculés et paisibles du territoire. Personne ne devait troubler ces mémoires, c'était indéniable; et bien que cela me fendait le cœur de devoir cesser d'illuminer le village de Kiri par ma resplendissante magnificence, je ne pouvais m'empêcher de m'isoler pour honorer sa mémoire. J'écoutais l'eau qui roulait doucement, dans un bruit de vagues calmes; derrière moi résonnaient les bruits de la forêt environnante: des pépiements d'oiseaux, des cris d'animaux inquiétés par la présence d'une potentielle menace, le bruissement des feuilles qui se balançaient dans l'air. J'aurai presque pu espérer que cela fusse une belle journée, mais la brume avait déjà trop humidifié mes cheveux pour que je puisse m'en convaincre.

    Assise au bord d'une hauteur surplombant la mer, je me laissais aller à mes douces rêveries. Qu'il aurait été merveilleux de pouvoir revoir un instant son faciès frôlant la perfection - la perfection, c'est moi, et personne ne peut avoir mon égal - même durant quelques secondes. Je n'étais pas bien capricieuse, je voulais simplement revoir mon être aimé, accepter son départ autrement que par sa disparition aussi soudaine que troublante; mais visiblement, le Destin en avait voulu autrement. Je n'étais pourtant pas fataliste, mais dans les circonstances brutales de son départ - probablement contraint - je ne souhaitais pas me lacérer plus encore le cœur par une quête qui s'annonçait déjà un échec. Mes mains soignées étaient plongées dans l'herbe fraîche; je me maintenais, le buste face au ciel, droite, et le regard perdu dans le brouillard. Je respirais avec un calme qui me semblait presque déraisonnable, contradictoire avec le flot tumultueux de pensées qui s'agitait en mon esprit. Mes pieds, dans le vide, se balançaient allègrement, faisant chuter de minuscules morceaux de la paroi rocheuse jusqu'aux insondables abysses. Je devais être si belle à voir, en harmonie totale avec le paysage. Quel dommage que personne ne vienne jamais dans ces lieux lointains. À croire qu'ils ne parvenaient à trouver comment y accéder! C'était pourtant si simple: il suffisait de traverser le bosquet en se dirigeant vers le Sud, puis de tourner vers la droite au niveau d'un large rocher au milieu de la forêt. Ensuite, ils n'avaient qu'à longer la côte et poursuivre à l'Ouest... Ou peut-être à l'Est. En fait, je ne sais plus trop, j'aurai dû le noter. Toujours est-il qu'après des heures d'errance, je finis souvent par retrouver mon chemin, étant donné qu'à chaque fois que je viens me recueillir sur ces hauteurs, je change toujours d'avis sur le chemin à prendre. Je respirai à plein nez les délicieux embruns marins, amusée par la finesse de l'odeur qu'avait la mer et qui se dispersait au gré du vent à chaque vague qui se brisait. Ces effluves étaient vraiment plus agréables que les odeurs infâmes de poissons qui se desséchaient sur le port de Kirigakure no Sato où sur les étalages. Comment mon odorat si précieux pouvait-il supporter de pareilles atrocités? Ah, ce que je pouvais détester ce pays. Tout y était infect. Les paysages étaient si fades, la brume et la pluie omniprésente, jamais le moindre éclat de raffinement ne scintillait dans ces lieux. Les journées étaient mornes, les soirées sans saveur, les nuits froides et vides. Les gens étaient plaintifs, envieux, acariâtres, et antipathiques. Mais en plus, ils étaient tous laids. Malheureusement, je ne pouvais faire d'impasse sur ce pays: si je voulais que le monde entier admire ma splendeur, je devrais imposer mon charme dans chaque territoire. Autant finir ce que j'avais commencé il y a vingt ans déjà.

    Ces jours me semblaient tous identiques. Il n'y avait plus rien, jamais la moindre étincelle pour éclairer un peu ma lasse avancée. Rubicant n'était plus là pour illuminer mon chemin et réchauffer mon cœur, trop glacé par l'amour que j'ai pour ma propre personne. Il n'y avait que moi, et que moi seule. Je me remémorais rapidement ce que j'avais pu faire le matin, afin de vérifier la véracité de mes pensées: après avoir traîné dans mon lit pendant une bonne heure au moins, j'avais fini par me lever pour aller me rafraichir un peu et me débarrasser de la moindre impureté. Par la suite, je m'étais octroyé seulement deux heures afin de prendre soin de moi-même, de ma fabuleuse chevelure et de mon angélique minois. D'habitude j'en prenais au moins trois, c'était étrange que... Où alors j'avais bel et bien passé plus de trois heures à me bichonner, mais je ne m'en étais pas rendue compte. Ensuite, j'avais été courir un peu et m'entrainer pour me maintenir dans ma condition physique actuelle, j'avais mangé un brin et j'étais partie marcher pour atterrir au final ici. En fait, je n'avais accordé cette journée qu'à ma personne. Comme d'habitude. Mais cela n'avait pas vraiment d'importance: je suis si parfaite que je méritais bien que l'on ne se soucie que de moi. Cela faisait un long moment que j'étais partie de chez moi; et non pas que le paysage lugubre des alentours du village ne m'inspirait guère, mais j'éprouvais une sensation d'inconfort grandissante, ayant passé un bon moment installée au bord de la falaise. J'avais beau me sentir plus libre que l'air, il n'y avait pas un souffle de vent, et l'atmosphère en était presque étouffante. Après avoir soupiré à nouveau, je finis par relever mes jambes pour revenir sur la terre ferme et me relever. Je pris soin d'épousseter rapidement mes longues jambes qui étaient à nu afin enlever toute trace disgracieuse de terre où d'herbe, et passai ma main dans ma crinière afin de la secouer un peu; bien que mes cheveux fussent trempés par la brume. Bon, il était temps de bouger: il fallait que j'arrive à rentrer sans passer une éternité à me demander quelle direction prendre afin de regagner le village. Ma peau pâle était constellée de gouttelettes d'eau, et je pestais contre cette maudite brume qui ne faisait qu'emmerder le monde. La Nature n'avait-elle donc pas de respect pour ses propres chefs-d'œuvre? Après tout, j'étais forcément ce qu'elle avait créé de meilleur, de plus abouti, de plus réussi: c'était un fait indéniable.

    Une fois debout, je m'étirai lentement, relevant mes bras au dessus de manière à évacuer un peu de l'inconfort qui me paralysait les membres. Agréable sensation, d'ailleurs. J'embrassai du regard l'horizon brumeux, gardant en ma mémoire le doux souvenir de l'homme que j'aimais tant, avant de me retourner et de débuter mon errance au sein de la forêt marécageuse. J'espérais ne pas y demeurer trop longtemps, il y avait un nombre incalculable de moustiques et de saletés ailées qui adoraient se repaître de sang humain et qui laissaient d'ignobles boutons. Mes pas étaient légers, bien que rapides; je balayais du regard les arbres face à moi, noyés dans la brume. Le paysage semblait presque bleuté à cause des reflets, rendant l'atmosphère particulièrement troublante, bien qu'elle n'en était tout de même pas désagréable. Il n'y avait pas vraiment de point de repère au milieu du bosquet, et je ne pouvais me fier qu'à mon instinct pour sortir de ce bois rapidement. J'aurai pu faire le tour de celui ci pour ne pas me perdre, mais c'était horriblement long, et certains endroits étaient difficilement praticables, ce qui risquait de laisser quelques vilaines taches sur mon portrait pourtant si bien réalisé. Alors je traversais par la forêt. Je regardais en l'air les feuillages qui se mouvaient dans une lenteur insupportable: il n'y avait qu'une très légère brise. Il n'y avait pas le moindre rayon de soleil non plus, et j'avais l'impression que le temps s'était arrêté. Au fur et à mesure de ma marche, le bruit de la mer s'estompait peu à peu, jusqu'à devenir un simple murmure puis disparaitre totalement. Eh bien, maintenant, je devais retrouver le chemin du village, et j'avais la désagréable sensation que cela allait encore me prendre une éternité. Je me stoppai, avant de lever la tête pour réfléchir. C'était quoi, déjà? À droite, à gauche, tout droit...? Non, pas tout droit. Il y avait un gouffre là bas, impossible de traverser. Il me semblait que pour le contourner, il fallait d'abord passer par l'Ouest. Mais si c'était par l'Est, j'allais encore perdre un temps fou. J'étais tant absorbée par mes pensées que je ne prêtai pas attention à une sensation bizarre dans mon bas dos, comme une pression. Ça devait être une branche. Bon, alors, droite où... Je mis quelques instants à réaliser qu'une branche ne vous empoignait pas l'arrière-train fermement. Je me retournai soudainement: ce n'était pas une branche.

    « Je peux savoir de quel droit tu te permets ça, petit morveux!? »

    Je lançais un regard courroucé à l'odieux malotru qui avait osé toucher une divinité, tandis que la colère montait peu à peu en moi. C'était un gamin, un petit gringalet. Tout petit! Je devais bien faire deux têtes de plus que lui, c'était vraiment risible; pourtant je n'avais aucune envie de rire, mais plutôt de lui arracher les mains pour le châtier de son crime. J'attrapai son col d'un coup et le soulevait du sol, fixant son visage fatigué avec un regard terrible: s'il croyait qu'il allait s'en sortir indemne, cet hérétique, il se fourrait le doigt dans l'œil. Et jusqu'au coude! Je maintenais l'impoli par le col, le soulevant légèrement du sol par la force de mes deux bras. Il était salement maigre, j'avais l'impression qu'une bourrasque aurait pu le balayer. Oh, mais après tout, n'était-je pas l'émissaire des vents? Infecte ironie. Je le fixais d'un air mauvais, hésitant sur la sanction que j'allais lui octroyer pour son geste. Il fallait qu'il comprenne sa terrible erreur, mais je ne trouvais rien d'autre que mon idée principale pour le châtier. 

    « Tu sais ce qu'il en coûte, de poser ses sales pattes sur le corps d'une Déesse!? »   



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Gennin de Kiri



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MessageSujet: Re: La Belle, la Brume et le Perdu   Jeu 30 Juin - 17:14

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Hmmmm … Comme c'était doux ! Comme c'était chaud ! Quelle délicieuse sensation ! Ni trop grosses, ni trop ferme, ni trop tombantes. Les fesses que l'esprit de Moetirf avait modélisées étaient tout simplement parfaites. Parce que oui, c'était bien sûr, cette femme était tout sauf humaine : jamais un tel popotin aurait pu exister dans la vraie vie. Bien qu'il ne le tienne que depuis quelques secondes, le jeune genin se sentait déjà beaucoup mieux : son principal problème – l'angoisse – était maté par le bonheur que lui procurait la vue et le toucher de cette déesse. Tout en gardant sa main gauche accrochée à la tendre chair de cette femme qui ne réagissait pas, il avança lentement sa main droite vers la poitrine de la belle prêt à découvrir de nouvelles formes tout aussi attirantes. Alors qu'il était à mi-chemin, la créature se retourna violemment. Grâce à ce mouvement, elle se retrouvait désormais face au petit tripoteur qu'elle dominait d'une bonne dizaine de centimètres et avait envoyé valser la main agrippée à elle dudit tripoteur, ce qui ne faisait pas réellement plaisir à ce dernier. Il fut tenté de lui ordonner de se remettre en place – elle était sa création après tout – mais se ravisa lorsqu'il leva les yeux, partagé entre admiration et incompréhension.
S'il était admiratif devant le visage de sa créature, c'était pour un simple raison : il était magnifique ! Jamais au cours des quelques années qu'il avait passé sur ce bas-monde il n'avait vu de minois aussi fin, proportionné, attirant. Au milieu de tout ce paysage triste qu'était le masque de la brume, ses yeux d'un rouge cristallin resplendissaient tel le soleil illumine le pauvre bleu du ciel. Seulement, au grand dam de Moetirf, les yeux qu'il voyait ne laissait transparaître que de la surprise mêlée à du dégoût et de la fureur. Il ne comprenait pas ce message négatif envoyé par les pupilles de l'être qu'il avait lui même imaginé et ne voulait pas s'en soucier pour le moment. Ce qui l'importait était qu'il reste un maximum de temps heureux avant de revenir à la réalité et l'horreur de sa situation. Il continua donc de détailler la jolie jeune femme qu'il avait jamais vu en descendant son corps : sa poitrine généreuse, ses hanches, ses longues longues jambes … Une fois rassasié, il refixa son attention sur le visage de la Déesse en espérant que l'air mécontent entrevu auparavant ne serait plus. Dommage pour lui, ce n'était absolument pas le cas !
« - Je peux savoir de quel droit tu te permets ça, petit morveux !? »
Dès que le dernier mot fut prononcé, Moetirf rebascula dans l'état de souffrance moral dans lequel il était plongé avant de voir la kunoïchi. Comment cela était-il possible ? Pourquoi cela s'était-il produit ? Qu'est-ce que ça signifiait ? Dans quel putain de merdier s'était-il encore empêtré ? Voilà un petit échantillon des multiples interrogations qui se bousculaient dans l'esprit du pauvre Kuzo. Suite à la violente expulsion de son monde, il retrouvait peu à peu son teint livide et sa peur. L'environnement redevint oppressant, les bruits étranges retentirent à nouveau et la chaleur le refit suffoquer. Alors qu'il reprenait conscience de sa situation initiale il se sentit soudain planer, ou plutôt soulever. En effet, la belle blonde, visiblement furieuse envers le genin, l'avait empoigné par le col pour le mettre à sa hauteur. L'accusé espérait voir un peu de compassion ou de pitié dans les magnifiques yeux rouges qui le fixaient, mais il n'en était rien.
« - Tu sais ce qu'il en coûte de poser ses sales pattes sur le corps d'une Déesse !? lui balança-t-elle violemment comme si ce n'était qu'un petit animal qu'il fallait rapidement remettre à sa place. »


Moetirf ne savait plus que faire, que dire, que croire. Les enfants malchanceux et perdus étaient-ils tous obligés d'être punis parce qu'il avait seulement serré un peu trop fort les fesses d'une jolie demoiselle ? Évidemment que non ! Si cette demoiselle ne voulait pas se faire pincer le cul, elle n'avait qu'à être moins attirante et ne pas traîner toute seule dans les lieux peu fréquentables. Et puis, qu'est-ce qu'elle foutait là ? Lui avait une bonne raison – enfin, à peu près – mais elle, pourquoi se baladait-elle ici ? Si le Kuzo avait été plus en forme, ça aurait été ce qu'il lui aurait rétorqué lorsqu'il l'avait accusé de l'avoir souillé en la touchant. Mais en ce moment, en lévitation à quelques centimètres du sol au milieu de nul part, il préférait ne pas faire le malin et plutôt profiter de la présence de cette shinobi reconnaissable grâce à son accoutrement. Mais comment se servir de quelqu'un qui, dès le premier contact, était profondément contre vous ?
Toujours sous des apparences de souffrant, le jeune Kirijin commençait à analyser la scène et les opportunités qu'elle lui offrait. Il y avait deux questions majeures qui, s'il les résolvait, pouvaient lui offrir la chance d'en finir avec cette histoire. La première était ''Où allait cette fille ?'' et la seconde ''Où cette fille pouvait-elle m'amener ?''. Comme vous pouvez le voir, elles étaient toutes les deux très liées et reposaient sur la même inconnu : cette beauté fatale. Une fois qu'il l'aurait détournée et amadouée, il se serait fait un nouveau compagnon de plus et aurait trouvé la sortie. Maintenant que ces évidences étaient établies, il fallait trouver un stratagème pour réussir à s’accoquiner avec cette ange aux crocs acérés … Moetirf aurait pu la flatter, mais vu comment leur rencontre avait débuté, cela aurait été plutôt déplacé et certainement mal pris. Et comme il ne pouvait la soumettre par la force, il ne lui restait plus qu'une seule option et pas vraiment la plus joyeuse. Puisqu'il le devait, il jouerait – non, il serait - le Faible !
Mais alors, comment joue-t-on le faible ? Eh bien c'est plutôt simple. Un faible se démarque des autres sur deux plans. Physiquement et intellectuellement. Pour l'apparence, le genin n'avait pas à se forcer : il était déjà bien amoché par sa longue marche à travers cette zone peu accueillante et sa peur lui avait façonné un visage digne des plus beaux morts-vivants. C'était intellectuellement qu'il y avait un hic. Bien qu'il fut jeune et sans défense, cette belle barbare ne s'était pas gênée pour le secouer et le menacer. La carte de la soumission était donc cramée. Le but de sa réflexion était maintenant de trouver un moyen de se rendre tellement impuissant et dépendant de la blonde qu'elle ne pourrait que le prendre sous son aile ou l'abandonner inexorablement à sa fin. Mais quel état réunissait ces deux caractéristiques et lui permettrait de s'en sortir sain et sauf ?
Le pauvre Kuzo sortit de son mutisme pour répondre à sa roue de secours qui le tenait toujours en l'air. Sa réflexion avait duré moins d'une minute, et il pensait l'avoir plutôt bien dissimulée sous une fatigue et un mal être pour que son interlocutrice ne se doute pas du plan qu'il avait imaginé. Il s'humecta lentement les lèvres et arrêta de faire dodeliner volontairement sa tête pour la planter à quelques centimètres de celle de l'ANBU. C'était maintenant que tout se jouait et où il pourrait voir à quel point ses talents de comédiens pouvait l'aider.
« - Huuum. Euuuuh. Bon-jour. Je. Suis. Per-. Zzzzzzzzzzzzz ! »
Il articula quelques mots avant d'envoyer sa tête en arrière et de ronfler bruyamment. Voilà l'aboutissement de toutes ces secondes à réfléchir : un bon p'tit dodo superficiel. Cependant, quelques instants seulement avant de jouer le sommeil, la tension dans ses paupières se relâcha, la crispation quitta ses lèvres, sa respiration s'apaisa, l'immobilité gagna tout son corps … Sans le vouloir, il s'était vraiment endormi devant la seule personne qui pouvait l'aider !
*Et merde ...*
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Gennin de Kiri



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MessageSujet: Re: La Belle, la Brume et le Perdu   Mar 16 Aoû - 4:13

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~ Quittons Kaze no Barbariccia !


Comme Kuzo vole bien ! Qu'il vole haut ! Qu'il va loin ! Qu'il vole vite ! Et comme les oiseaux chantent bien !Comme la sensation de l'air qui lui fouette le visage est bonne ! Comme les petits points sous lui sont insignifiants ! Comme les oiseaux chantent fort ! Comme les nuages sont blancs ! Comme le ciel est bleu ! Comme les oiseaux chantent longtemps ! Mais … Pourquoi chantent-ils si fort ? Pourquoi sont-il si nombreux ? Pourquoi sont-ils si grands ? Pourquoi mordent-ils Moetirf maintenant ? D'ailleurs, comment ce dernier peut-il voler alors que ce n'est qu'un petit humain ? Ahhh, peut-être que c'est pour ça que les volatiles s'en prennent à lui ! Ils sont jaloux, ces bâtards de piafs ! Ils refusent qu'une autre espèce qu'eux ait le pouvoir de s'élever dans les airs et de planer de la même manière qu'eux ! Quels égoïstes ! Mais comment l'adolescent pouvait-il lutter ? Après tout, c'était bien leur domaine, les cieux, et si personne ne les y avait délogés depuis des millénaires, ça montrait bien que c'était impossible ! Pauvre orphelin … Et ces chants qui ne s'arrêtent pas alors qu'il tente désespérément de s'en sortir sous les coups de becs de ses ennemis ! Si ça continue comme ça il va s'écraser, c'est certain ! Tenez, voilà déjà qu'il commence à perdre de la vitesse et de l'altitude … Pauvre gars va. Mourir si jeune c'est pas marrant quand même !
Trempé de sueur, Moetirf se réveille en état de choc : le rêve qu'il vient de faire était vraiment trop horrible ! Bien heureusement il commençait déjà à disparaître dans l'esprit encore un peu embrumé du Kuzo. En parlant de brume, celle qui entourait le genin lorsqu'il s'était assoupi avait disparue, chassée par une averse diluvienne, qui, si on s'intéressait à l'état des vêtements du Kirijin, avait déjà commencé depuis quelques heures. Les nuages dans le ciel empêchait le garçon de déterminer l'heure à laquelle il était, mais le chemin qui débutait un peu plus loin lui indiquait clairement où il se situait. Cette belle blonde l'avait à coup sûr ramené à la sortie de la forêt, et ce chemin devrait sans doute le ramener à Kiri. C'est donc tout naturellement qu'il se leva et prit cette route, laissant derrière lui la mission qu'il devait effectuer, la peur qu'il avait éprouvé, et le souvenir de cette mystérieuse et pulpeuse kunoichi.




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La Belle, la Brume et le Perdu

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